Le bord du précipice

•1 mars 2018 • 3 commentaires

Être en dépression, chronique, depuis l’enfance, c’est comme se tenir en permanence au bord du précipice. Y’a des matins où tu te lèves, t’es en forme, t’as envie de changer le monde. Et tu sais pas pourquoi, ton pied glisse sur un emmerdeur de caillou, et te voilà en train de basculer dans le néant abyssal. C’est con, hein ?…

Et ça, c’est quand tu vas bien. C’est quand tu marches tranquillement sur le bord du chemin. Parce que la plupart du temps, en fait, t’es déjà en équilibre au-dessus du vide à te rattraper à des racines fragiles, en te demandant quand est-ce que ça va lâcher.

Bon. Il paraît que ça irait mieux si je prenais des médicaments. Il paraît. Sauf que j’ai déjà essayé, et ça me donne l’impression d’être dans une boîte en plexi remplie de coton, d’entendre les gens à travers ces épaisseurs diffuses, d’avoir le cerveau endormi. Alors, oui, certes, ça éloigne les idées noires. Ça éloigne l’angoisse permanente de tomber. Mais j’suis pas convaincue que ça me sorte du trou. C’est juste pour éviter d’en toucher le fond.

Un jour, j’ai confiance ! un jour, j’arriverai à remonter, à m’éloigner de ce foutu précipice, à rejoindre un chemin tranquille et à suivre ma route, celle que j’aurai choisi. Mais en attendant, la vie s’écoule inéluctablement.


Demain. Demain, ça fera deux ans pile qu’il s’est mis à neiger sur la gare de l’Est alors qu’il faisait grand soleil depuis une semaine. Deux ans que le médecin des urgences neuro m’a appelée pour me dire que tu étais morte. Deux ans que je me demande ce que j’aurais pu faire pour empêcher ça (spoiler : RIEN). Ce que j’aurais pu faire ou te dire pour me sentir moins coupable de t’avoir fait autant de mal toutes ces années. Ce que j’aurais pu être pour nous simplifier la vie à toutes les deux. Deux ans que je regrette tellement de choses.

Tu restes dans mon cœur, gravée à l’eau forte pour toujours, jusqu’à ce que nos âmes se rejoignent et s’étreignent. J’y crois, parce que je n’ai que ça pour garder foi en moi, en la vie : je te retrouverai. Je pourrai te dire combien je t’aime, Maman, combien tu as fait de moi une personne fonctionnelle alors que c’était pas gagné, combien tu as été une mère géniale malgré tout ce que j’ai pu te reprocher, combien tu me manques.

 

Je t’aime, Maman.

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Bleu, gris, noir, cafard.

•31 janvier 2018 • Laisser un commentaire

Je me raccroche à l’effritement vertical de ma santé mentale.

Jamais n’a paru plus sombre l’horizon de mes souvenirs. Tout est cendre, tout est ombre, tout est poix.

Mes morts me manquent, ces visages figés, ces éclats de rire furtifs, clochettes dans le lointain qui s’estompe. Une sensation, une odeur fugace, une expression chérie, la rémanence en négatif d’une vie qui n’existe plus que dans ma tête.

Le froid s’empare de mes os pour les secouer et en extraire le tremblement de la vie, presque à me la dérober, presque à me laisser nue dans l’hiver du néant infini et généreux.

Je me raccroche à l’effritement vertical des murs de ma raison.

Inktober #10 – Bête sanguinaire

•13 octobre 2016 • Laisser un commentaire

Selon le thème proposé par l’association Orbesonge.

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Inktober #9 – Coulrophobie

•13 octobre 2016 • Laisser un commentaire

Selon le thème proposé par l’association Orbesonge.

La coulrophobie est la peur panique des clowns.

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Inktober #8 – Astraphobie

•13 octobre 2016 • Laisser un commentaire

Selon le thème proposé par l’association Orbesonge.

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Inktober #7 – Monstre sous le lit

•13 octobre 2016 • Laisser un commentaire

Selon le thème proposé par l’association Orbesonge.

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Inktober #6 – Torture

•13 octobre 2016 • Laisser un commentaire

Selon le thème proposé par l’association Orbesonge.

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