L’humeur des hommes… et les écrivains fantômes.

Dans le film « Ridicule » (Patrice Lecomte, 1996), à un moment de l’histoire, il est suggéré que le mot humour vient de l’anglais humor. Je n’ai pas vérifié la véracité de cette étymologie, mais ça a amené une réflexion débile que j’ai quand même envie de partager avec vous : humor fait beaucoup penser à humeur autant qu’à humour. Or, quand une femme a ses menstrues, ne dit-on pas également qu’elle a ses humeurs ? En ce cas, il est assez plaisant (du moins pour moi) de se dire que l’humour, c’est les règles de l’homme. Sauf que ça dure plus longtemps et que c’est nettement plus douloureux… (vous pouvez me lapider maintenant, j’ai sorti ma mauvaise blague)

Bon, quelque chose d’un chouilla plus sérieux maintenant : vous connaissez tous, j’imagine, le terme « nègre » qui désigne ces écrivains de l’ombre. Eux dont les noms ne sont jamais portés au crédit au dos des pages de garde des livres sur lesquels ils auront pourtant passé du temps, y investissant leur savoir-faire et leur culture, là où la réputation et le nombres de ventes par le passé ne joueraient pas en leur faveur. Et sans doute connaissez vous l’origine de ce terme, pour le moins controversé ? Ce métier a souvent été comparé à de l’esclavage (mais de nos jours, esclavage plus ou moins volontaire, et légal). Or du temps de l’esclavage, la grande majorité de ces opprimés étaient noirs de peau, et étaient nommés « nègres » par les esclavagistes. Ce mot au départ purement descriptif, désignant la couleur noire, est devenu un terme péjoratif de fait, puisqu’il sous-entendait que les populations dont la couleur de peau est noire étaient des êtres inférieurs, par comparaisons aux populations dont la couleur de peau est plus claire, appelés « blancs ». Il va sans dire que les individus qui étaient convaincus de cela étaient bien bêtes et particulièrement coincés dans des idéaux de chiotte. Mais ça n’est pas le sujet.

Revenons à nos moutons. J’apprends à l’instant sur Wikipédia qu’il existe également le terme « teinturier » pour désigner un écrivain de l’ombre. Quant à moi, en me basant sur l’équivalent anglais ghostwriter (écrivain fantôme), j’ai décidé de former un néologisme, que j’ai même proposé par mail au secrétariat de l’Académie Française (qui n’a cependant jamais répondu… Allez savoir pourquoi !) :

Fantôscribe !

N’est-ce pas que ça sonne bien à l’oreille ? Ça ne dénigre personne, ne comporte aucun sous-entendu péjoratif particulier (ou seulement inhérent à ce métier même), et ça a le mérite d’être légèrement plus court à prononcer que « écrivain fantôme ». On sait combien il est important de nos jours d’utiliser des mots valises, des abréviations, des acronymes. J’ose espérer que celui-ci percera et prendra la place de terme officiellement officieux ou officieusement officiel, comme vous le sentez !

À vous les studios. *clic*

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3 réflexions sur “L’humeur des hommes… et les écrivains fantômes.

  1. Intéressant comme réflexion… Cependant je trouve que Fantôscribe, même si c’est très joli, ça pourrait être une créature dans Harry Potter…

    • Ah bah oui mais faut savoir c’qu’on veut… Vraiment, ça donnerait pas envie ?… Plus que nègre en littérature ou teinturier ?… Je suis déçuuuuuuue… (mais tellement heureuse d’avoir un premier commentaire ! tu sais que je t’aime toua ?)

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