La caverne de Platon ?…

L’être humain est-il nécessairement obligé de choisir entre la solitude et le bonheur ? La connaissance est-elle si importante qu’il faille abandonner tout lien avec le monde vivant et fini pour découvrir l’infini et l’univers ?…

Serait-il possible au contraire que quelqu’un puisse un jour trouver le moyen de conjuguer une vie terrestre heureuse et une vie spirituelle active et puissante ?… Les maîtres asiatiques sont partis sur la voie de la solitude et de l’abandon de soi (du principe même de « soi »). L’instigateur lui-même de la philosophie bouddhique a atteint l’illumination en se coupant du monde vivant et de ses besoins primaires, mais ce après avoir pris connaissance de tout le malheur du monde. Peut-on vraiment arriver à ignorer ce malheur, ou plutôt, à l’accepter à tel point que les forces en action dans ce monde ne nous paraissent plus ni bonnes ni mauvaises, ni même justes ou injustes, mais simplement en action, en équilibre ? Peut-on vraiment renoncer aux bonheurs simples de la vie quotidiennes, pour entrer dans la contemplation bienheureuse des miracles naturels, qu’on pourrait qualifier de superficiels ?… Car les contacts que nous avons avec les autres individus, ces évènements, paroles, liens qui se connectent de manière plus ou moins forte ou plus ou moins anodine sont liés à notre survie. Notre corps a besoin d’éléments primaires pour subsister, et notre âme, notre esprit ont besoin de ce corps pour contempler la vie qui passe. Or si l’on supprime la vie, la notion de vie, il ne reste que le néant. Et le néant n’est pas propice à la réflexion, à l’élévation de l’âme. La nourriture de l’esprit que d’aucuns placeraient dans un monde éthéré se trouve bel et bien dans le monde physique, à travers tout ce que nous vivons, que nous expérimentons.

C’est pour cela que nous n’avons, ne pouvons avoir de réelle mission sur terre hormis celle de vivre : une autre mission impliquerait que la vie elle-même n’est qu’une étape superflue, que le fait d’être un être humain, un corps, un animal qui bouge, un « imago », nous gênerait dans notre mission au-lieu, au contraire, d’être le vecteur qui mène à cet idéal.

Ainsi, serait-il possible que finalement, cette quête du bonheur que d’autres ont voulu accomplir soit le « vrai » but de notre existence ? Puisque le salut ne se trouve pas dans la sérénité de l’âme, dans sa neutralité, ce serait dans le bonheur, dans l’extase de la vie ? Mais est-ce possible d’atteindre à cette extase sans en payer le prix ? Nécessairement, il faudrait payer un lourd tribut pour vivre un bonheur assez durable pour nous permettre d’atteindre notre but…  Or ce coût lui-même est un frein au bonheur, puisqu’il est son antagonisme parfait : la désolation.

Je n’ai toujours pas trouvé de réponse qui satisfasse à mes interrogations. Je suis encore plus perdue.

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8 réflexions sur “La caverne de Platon ?…

  1. Et pourquoi donc le bonheur serait-il payant? Tu crois vraiment que la vie est une balance de bons et de mauvais moments, et qu’on doit régler la facture après chaque instant de bonheur? C’est pour cela que c’est difficile, d’atteindre le bonheur… Parce qu’il faut d’abord apprendre à y croire!

  2. C’est pas qu’il est payant, c’est surtout l’interrogation « comment peut-on être heureux malgré ce qu’on voit autour de soi ? » qui me pose problème. Être égoïste au point de ne voir que son propre bonheur ? Impossible. Devenir assez objectif pour neutraliser tous les sentiments ? Ça reviendrait à neutraliser le bonheur.

  3. Raisonne par l’absurde: si pour être heureux, il faut que tous les autres le soient, on ne pourrait jamais l’être. Ce qui revient à dire que le bonheur n’existe pas… Ce qui est faux. Donc être heureux implique certainement une part de « retrait » du monde que tu peux appeler égoïsme ou lucidité, comme tu veux: être capable de goûter l’instant présent, tout en sachant que d’autres n’en profitent pas, et surtout en tâchant de le répandre autour de soi.

    Donc je dirais plutôt qu’on ne peut pas être heureux si on ne tâche pas de rendre les autres heureux… Mais pas besoin d’attendre qu’ils le soient!

    Mais ta définition du bonheur diffère peut-être de la mienne, et là c’est un autre débat…

  4. Beh en fait, je découpe ça en deux : d’un côté y’a les petits bonheurs, le fait d’être heureux sur un court laps de temps, et de l’autre côté, y’a LE bonheur, celui qui impliquerait effectivement que tout le monde le goûte, en gros, sauver le monde. Et ça, en effet, c’est impossible. XD

    • L’expérience m’a appris une chose, le bonheur, c’est pas de vouloir un truc et de réussir à l’obtenir, le bonheur, c’est de savourer ce que l’on a et de voir le côté positif des choses. La vie est toujours émaillée de hauts et/ou de bas, notre capacité au bonheur se mesure à la manière dont on vie ces heurts et dont on les résout.
      Ignorer le malheur autour de nous et ignorer la peine ou la douleur des autres n’est pas la clé du bonheur, il faut simplement accepter qu’on ne puisse pas influer sur la vie des autres, qu’on n’est pas responsable de la famine dans le monde ou de la pauvreté, etc. En fait, être heureux, c’est aussi accepter de ne pas pouvoir changer le monde, c’est simplement accepter de l’améliorer en y apportant un peu de sourire et d’envie de bien faire : )
      Enfin, tout ça n’engage que moi !

    • Merci, je suis allée y faire un tour. Je rajoute ici, j’ai oublié de l’écrire dans mon commentaire, que la fiction n’est pas, pour moi, le bord de nos choses. ça voudrait dire qu’elle est une limite. C’est plutôt, à mon sens, un monde, un univers intérieur, sans limite.

      Je ne sais plus où, je crois que c’est dans le film « La petite princesse » (qui raconte l’histoire de « Princesse Sarah »), l’héroïne raconte qu’on pouvait voir l’univers entier dans la bouche d’une divinité mystique (Bouddha ? je ne sais plus). J’ai trouvé ça très beau et très effrayant à la fois.

      Parce que les conteurs ont le contrôle sur le temps, l’éternité, la vérité, l’histoire. Ils peuvent nous enchanter, nous émouvoir, nous attrister, nous effrayer et nous remplir d’espoir avec de simples mots. La fiction est merveilleuse en ce sens qu’elle nous permet d’entrevoir d’autres réalités, et de pouvoir les comparer avec celles que l’on vit. Et donc, de pouvoir éventuellement se remettre en question, évoluer.

      Comment, alors, la considérer comme une limite ?

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