Rapport singulier entre chats et bien-être

(Oui, c’est un titre pourri, mais j’ai pas d’idée d’article alors que j’ai envie d’écrire, alors je fais dans le banal amené de manière pas banale. Enfin, qui se veut pas banale… :D)

Pour qui ne connaît pas ou n’aime pas les chats, ou reste totalement indifférent à leur existence, il sera peut-être difficile de me comprendre dans mes élans d’amour félin. Déjà, mettre quelques choses au clair : un chat, c’est un carnivore, un petit animal, ça n’est ni un jouet, une peluche, ni un enfant, ni un tableau qu’on accroche au mur. C’est une vie dont il faut se charger, à partir du moment où on en prend la responsabilité. C’est s’engager pour vingt ans en moyenne, à pouvoir fournir nourriture, eau, litière, coin dodo, jouets, câlins et éventuellement suivi médical à un petit être qui sans l’humain n’a pas longtemps à vivre.

1 – Les chats ne peuvent pas vivre tout seuls.

Il faut arrêter de croire en cette absurdité et de la partager. Un chat est bien trop dépendant des humains pour la nourriture autant que pour les soins pour qu’on puisse penser qu’il va s’en sortir sans problème en étant laissé à lui-même. Quand on prend la responsabilité d’adopter un animal, quel qu’il soit, non seulement on se renseigne sur ses besoins primaires, mais aussi sur sa psychologie, son fonctionnement cognitif, son « langage » propre. Par exemple, souligner encore et toujours qu’on ne frappe JAMAIS un chat (ni un chien, d’ailleurs, ni aucun autre animal ou être vivant -__-‘), on l’éduque et on trouve des compromis, mais on ne peut pas le dresser, et encore moins de la manière forte. Non seulement ça ne sert à rien, mais en plus, c’est de la violence gratuite et condamnable.

2 – Un chaton, c’est mignon, mais un chat adulte aussi, et un pépé chat aussi.

Pourquoi tant d’abandons une fois le chaton devenu grand ? Pourquoi cette demande absurde auprès d’un refuge, « je veux un chaton pour pouvoir l’éduquer à mon image ! » alors qu’en choisissant un chat adulte, on a le mérite d’avoir déjà un caractère affirmé, clair, éventuellement connu des personnes qui s’occupent des chats ? Avec toutefois la précision que certains chats dépriment à mort dans les refuges, sont donc en retrait, peureux voire agressifs, alors qu’après adoption dans une famille qui connaît les chats, ils vont se « révéler », au bout de plusieurs mois ou années, et se montrer les plus adorables des chats. Et les pépés chats méritent quand même mieux que de finir leur vie de félin dans une cage, dans un environnement stressant (=rempli d’autres chats, partage de territoire obligatoire pas forcément toléré). Un p’tit coin sur une carpette, une gamelle remplie, quelques ronrons, et voilà un vieux chat heureux…

3 – Non, un chat n’est pas forcément hyper indépendant et ne s’intéresse pas qu’à la gamelle.

Je peux vous assurer que mon chat me considère comme faisant partie de ses « proches ». C’est un chat « sauvage » à la base, qui n’avait jamais connu l’humain, qui vivait dans les vides sanitaires d’un vieil hôpital menacé de destruction (détruit depuis d’ailleurs… en tuant quelques chats au passage, malgré les efforts des bénévoles sur place pour en prendre en charge le plus possible). En six mois, on l’a habitué à l’humain. En un an, il est devenu le chat le plus adorable du monde. Et maintenant, deux ans et demi après son adoption, il répond à son nom, vient la plupart du temps quand je l’appelle, me fait des câlins très fusionnels, joue, vit, bref, fait sa vie de chat en notre compagnie. Avant tout, un chat s’attache à un territoire, à des habitudes de vie. Si on bouleverse ses habitudes, il va être très perturbé et pourra éventuellement fuguer. Pourtant, la plupart des chats « aiment » leurs propriétaire. Certains sont très fusionnels. D’autres beaucoup plus introvertis, mais ça ne veut pas dire qu’il se sentiront plus à l’aise avec d’autres humains…

4 – Les chats ne comprennent pas les « blagues » des humains, ils prennent tout au premier degré.

Aussi absurde que ça puisse paraître à certains, courir après un chat pour le faire détaler, lui faire peur, « jouer » à la bataille avec lui alors que ses oreilles sont couchées en arrière et qu’il a un mouvement de recul, c’est pas interprété comme « drôle » par le chat. Il a peur, il se défend, il se croit (parfois à raison…) en danger. Un chat, pour vivre en bonne intelligence avec lui, il faut acquérir (durement) sa confiance, et ne jamais la trahir. Pour ne pas la trahir, il faut aussi pouvoir l’habituer progressivement à des situations stressantes. Par exemple, sortir une fois de temps en temps le panier pour que, le jour où il faudra l’emmener chez le véto, la vue du panier ne soit pas un signal d’alerte. Ne pas faire de mouvements brusques à l’approche d’un chat. Le caresser un peu, jamais au-delà de sa limite. Le porter, s’il a confiance, juste quelques secondes, et puis le reposer au sol, pour l’habituer au fait que quand vous le privez de mouvement en le soulevant, ça n’est pas pour lui faire du mal. Petit à petit, si vous êtes doux, aimant, un chat prendra confiance et finira un jour ou l’autre par vous faire aveuglément confiance.

Et si vous avez le malheur de trahir cette confiance, il vous faudra tout recommencer. Alors ne faites pas n’importe quoi juste parce que vu par des yeux humains c’est « drôle »… Un chat névrosé, mal éduqué, qui est en stress tout le temps aura toutes les chances de devenir agressif, de faire pipi partout, de griffer, de mordre au sang, etc. Ça n’est pas drôle. Quand un chat a un problème, dites vous que c’est probablement de votre faute. Et remettez-vous en question…

5 – On ne lave pas un chat.

Il se lave tout seul. La seule situation nécessitant éventuellement l’intervention de l’homme, avec de l’eau tiède (35°/36°), et du savon spécial animaux (voire spécial chats), c’est si votre chat est tombé dans une matière toxique pour lui. C’est TOUT. S’il est boueux, ça ne nécessite pas un lavage au savon, mais seulement de le brosser méticuleusement et de frotter légèrement avec une serviette éponge sèche. S’il vit simplement sa vie, aucune raison de le laver. Il le fait tout seul quand il fait sa toilette, en se léchant, imperméabilisant ainsi son pelage, régulant l’épaisseur de son poil, etc.

6 – Une litière propre, c’est pas une option.

Un chat se lave peut-être seul, mais sa litière non. Soit vous avez de la chance, un grand jardin bien délimité et protégé (de sorte que le chat ne soit pas tenté d’aller se faire écraser/empoisonner/mordre et griffer par d’autres chats/dévorer par des chiens mal éduqués dehors… ou pire), et il peut aller faire ses besoin de manière naturelle, en allant gratter la terre un peu partout ; soit ça n’est pas le cas. Dans ce cas, il vous faudra user d’une litière. Et la litière, bah, ça s’entretient. Faut retirer la litière souillée et les excréments solides au moins une fois par jour. C’est chiant, mais si on prend l’habitude de le faire quotidiennement à une heure (ou une habitude) précise, ça passe tout seul. Genre moi, j’prend de la litière biodégradable (de la sciure de bois non-allergène pour les chats) qu’on peut mettre aux toilettes, donc le matin, après mon pipi rituel, je fais la litière des chats. Et mon époux la fait à son tour le soir quand il rentre. Deux chats, deux fois par jour, aucun problème. Une fois toutes les trois semaines et demie environ, on la vide entièrement, on la lave avec du vinaigre blanc, du savon noir et un peu d’eau, et on remet une bonne grosse couche de litière neuve.

Avec un sac de 40 L de litière achetée en ligne, on tient entre 4 et 6 mois… Pas mal, hein ?… Et ça évite que les chats ne se sentent mal à cause de l’odeur des excréments qui restent trop longtemps, du coup ils risquent beaucoup moins d’aller pisser ailleurs (même si un accident peut arriver ; exemple, un chat qui a par erreur bouffé un cheveu long, et qui, au moment de faire caca, se retrouve coincé, à ne pas pouvoir expulser correctement : résultat, il frotte son cul dans tout l’appart’ en essayant de régler le problème. Efficace, mais pas très agréable à découvrir pour l’humain qui se lève en mode zombie le matin, je vous l’accorde… :D Faut prendre son mal en patience et rassurer le chat, voire l’aider s’il est encore en difficulté : un sopalin humidifié, vous attrapez le chat, et hop, vous lui nettoyez délicatement l’arrière-train. Délicatement, j’ai dit, juste un p’tit coup de sopalin pour détacher c’qui coince. Les parents de bébé et les aides-soignants seront sans doute un peu moins dégoûtés que les autres… :D). Ne jamais partir du principe que « c’est qu’un chat, il s’en fout si sa litière n’est pas faite ».

Imaginez-vous un instant arriver dans des toilettes sèches où y’a plus d’excréments que de litière, vous n’auriez pas envie de poser votre cul sur le siège, hein ? Bah c’est pareil. :D

7 – Les chattes n’ont pas « besoin » de connaître la maternité.

Quand vous adoptez un chat, faites un geste pour tous les autres : retirez-lui médicalement la possibilité de procréer. Et n’attendez pas. On peut opérer un chat à partir de quatre mois, âge auquel certains chats commencent déjà à développer leurs organes sexuels. Un chat mâle sera beaucoup moins fugueur, agressif, et sera moins tenté de marquer son territoire en pissant haut sur les murs. Il ne fuguera plus (si toutefois vous ne lui laissez pas la porte grande ouverte, bien sûr), ne risquera donc plus d’aller contracter le calcivirus, la leucose féline, le FiV ou tout simplement de se choper des tiques, abscès, blessures infectées… Et vivra donc normalement plus longtemps et en meilleure santé.

Une chatte que vous opérez ne sera pas « triste » de n’avoir pas connu de mâle (d’autant que vu la manière dont se passe l’accouplement, c’est pas forcément un mal, hein… -__-‘), et vivra elle aussi plus longtemps et en meilleure santé. Vous éviterez, de votre côté, les chaleurs qui peuvent être très saoulantes à vivre (râles, miaulements très particuliers, fugues, retour dans un état déplorable, portée à gérer…). Les femelles qui font portées sur portées ont une espérance de vie considérablement raccourcie, et risquent d’avoir des problèmes à l’utérus et autres problèmes de santé. La mère de mon chat, qui depuis a été trappée, stérilisée, soignée, et adoptée par une famille aimante, était très mal en point après ses nombreuses grossesses successives et sans aucun suivi : kyste énorme à la hanche, utérus en loque, etc.

Sérieusement, si vous aimez les chats, adoptez déjà ceux qui moisissent en cellule, pardon, en refuge, et s’ils ne sont pas déjà stérilisés et tatoués ou pucés, FAITES-LE !!!

8 – La nourriture, c’est pas négligeable.

Tout comme vous n’accepteriez pas de manger Mc Do’ ou chips-hot dog tous les jours, les chats peuvent souffrir de manger des croquettes ou de la pâtée de mauvaise qualité. Par contre, ils n’ont pas besoin de variation de menus. Ce sont des CARNIVORES. Contrairement à l’humain qui est omnivore (plantes, racines, fruits, fleurs, champignons, graines, insectes et éventuellement, charogne), le chat est carnivore (petits animaux, insectes, parfois animaux moyens, éventuellement – très rarement – charogne). La verdure dont ils pourraient avoir besoin leur serait, à l’état « naturel », apportée par le contenu de l’estomac de leurs proies.

Il faut donc choisir de la nourriture de qualité, ET ne pas en changer systématiquement, au risque de déglinguer leur transit. En fonction du chat que vous avez, les croquettes sont en général la nourriture la plus « saine » à leur donner (sauf si vous avez la patience et les ressources financières de leur procurer de la nourriture fraîche, ce qui est plutôt difficile mais apparemment réalisable). Dans ce cas, il faut choisir des croquettes dont l’ingrédient principal est la protéine animale – naturelle (genre, « poulet »). En règle générale, c’est le premier ingrédient de la liste qui est présent en plus grande proportion. Donc si, sur la liste des ingrédients, le premier est, par exemple, « riz », fuyez !

Pas mal de forums et de sites proposent des grilles qui permettent de choisir les meilleures croquettes possibles. Sachez que lorsqu’on les achète en ligne, en général, les sacs sont plus gros, donc moins chers. (Moi j’en ai pour 60 € de croquettes par trimestre, en moyenne, pour deux chats.) Y’a le forum Rescue (forumactif) qui est bien, pour ça.

Si vous leur donnez des croquettes de mauvaise qualité, trop salées, ou contenant des aliments toxiques pour eux, ne vous étonnez plus qu’ils aient des calculs rénaux parfois très graves ou autres maladies bien chiantes.

9 – Les chats, c’est que du bonheur.

Loin de moi l’idée de dire qu’aucun autre animal ne peut apporter une compagnie précieuse à l’humain. Mais en ce qui me concerne, je me sens bien plus adroite avec le fonctionnement cognitif des chats et leur langage (clignements d’yeux, douceur, retenue, jeu) qu’avec n’importe quel autre animal. Être près d’eux, les regarder dormir, rêver parfois, les caresser, leur faire des bisous, nez contre truffe, leur gratter le menton et les oreilles, jouer avec eux… C’est un pur bonheur. C’tout.

Finalement, j’aurai réussi à faire un article à peu près bien… Un peu moralisateur peut-être, mais quand on voit le nombre de chats qui moisissent en refuge, ça me fait mal au cœur… Toutes ces infos ne sont pas exhaustives, n’hésitez surtout pas à vous renseigner.

Publicités

3 réflexions sur “Rapport singulier entre chats et bien-être

  1. J’suis allergique aux poils de chats: yeux qui pleurent, éternuements à répétition, nez qui coule constamment, asthme. Les chats, je les adore mais hélas, je peux pas vivre avec eux.
    Moi, je suis définitivement chiens. Je kiffe les chiens, leur côté loyal, câlin, joueur, câlin, câlin… Bref, finalement, ça se rapproche des chats sauf que c’est plus encombrant. Et même principe, c’est pas une peluche qui est adorable juste quand elle est petite, c’est un compagnon de vie qui s’éduque intelligemment. Bref, j’suis entièrement d’accord avec toi. Mon chien, il vient d’un refuge. Et il a une belle vie. Et plein de copains chats (il vit chez mes parents qui sont gagas des chats car j’suis en appart, pas une vie pour lui).
    Et contente de te lire, un vrai bonheur !

    • *^^* Merci pour ton témoignage sur les chiens !!! C’tout pareil, chiens, chats, furets, cochons d’inde, hamsters, et tout les autres animaux… C’est pas des peluches, c’est des êtres vivants.

      Merci ! :3

      • Mais de rien. Et les contraintes occasionnées par l’accueil d’un animal à la maison ne sont rien en comparaison de tout l’amour qu’ils sont capables de nous donner, qu’on soit laid ou beau, qu’on soit riche ou pauvre, qu’on soit malade ou en bonne santé. C’est de l’amour et du respect en barre ces trucs là ! A consommer avec excès, c’est bon pour le moral !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s